Date: Jan 24, 2013 4:44 AM
Author: Pentcho Valev
Subject: Re: Vitesse de la lumière: constante ou variable (L<br>	ettre ouverte à Etienne Klein)

http://www.huffingtonpost.fr/etienne-klein/acceleration-du-temps_b_2527092.html
Etienne Klein: "Le temps semble être devenu la grande affaire des temps présents. On lui consacre d'innombrables colloques où le pauvre est mis à toutes les sauces: il y aurait le temps de ceci, le temps de cela, ceci et cela pouvant désigner mille choses différentes. Il faut dire que la polysémie du mot temps est devenue si fulgurante qu'on ne sait jamais trop bien de quoi on parle lorsqu'on parle du temps. Il peut s'agir de la succession, de la simultanéité, de la durée, du changement, du devenir, de l'urgence, de l'attente, de l'usure, de la vitesse, du vieillissement, des révolutions géologiques qui finissent par affecter nos visages, et même de l'argent ou de la mort... Cela ne fait-il pas beaucoup trop pour un seul mot ? Il faudrait faire un peu de ménage, de décrassage sémantique, ou, plus précisément, procéder à ce que Paul Valéry appelait un "nettoyage de la situation verbale"."

C'est vous qui allez faire le nettoyage, Etienne Klein, vous, le saucier en chef? Mais bon, si c'est vous et c'est inévitable, commençons par les polluants venant de la Théorie Divine d'Albert le Divin: relativité de la simultaneité, jumeau qui revient plus jeune, voyage dans le temps, futur qui existe déjà, univers-bloc etc. Vous devez simplement dire "Non, mon Damour!" à propos des élucubrations de votre éminent collègue:

http://www.bourbaphy.fr/damourtemps.pdf
Thibault Damour: "The paradigm of the special relativistic upheaval of the usual concept of time is the twin paradox. Let us emphasize that this striking example of time dilation proves that time travel (towards the future) is possible. As a gedanken experiment (if we neglect practicalities such as the technology needed for reaching velocities comparable to the velocity of light, the cost of the fuel and the capacity of the traveller to sustain high accelerations), it shows that a sentient being can jump, "within a minute" (of his experienced time) arbitrarily far in the future, say sixty million years ahead, and see, and be part of, what (will) happen then on Earth. This is a clear way of realizing that the future "already exists" (as we can experience it "in a minute"). No wonder that many people, attached to the usual idea of an external flow of time, refused to believe that the travelling twin will come back younger than his sedentary brother."

Vous savez très bien que les élucubrations de Thibault Damour sont totallement injustifiées, Etienne Klein:

http://hps.master.univ-paris7.fr/cours_du_temps.doc
Etienne Klein: "Aujourd'hui, L'astrophysicien Thibault Damour développe à sa manière des idées qui vont dans le même sens. Selon lui, le temps qui passe (qu'il sagisse d'un fait ou de notre sentiment) est le produit de notre seule subjectivité, un effet que nous devrions au caractère irréversible de notre mise en mémoire, de sorte que la question du cours du temps relèverait non pas de la physique, mais des sciences cognitives. Il écrit : « De même que la notion de température n'a aucun sens si l'on considère un système constitué d'un petit nombre de particules, de même il est probable que la notion d'écoulement du temps n'a de sens que pour certains systèmes complexes, qui évoluent hors de l'équilibre thermodynamique, et qui gèrent d'une certaine façon les informations accumulées dans leur mémoire. » Le temps ne serait donc qu'une apparence d'ordre psychologique : « Dans le domaine d'espace-temps que nous observons, poursuit-il, nous avons l'impression qu'il s'écoule "du bas vers le haut" de l'espace-temps, alors qu'en réalité ce dernier constitue un bloc rigide qui n'est nullement orienté a priori : il ne le devient que pour nous [35]. » L'existence même d'un « cours du temps », ou d'un « passage du temps », n'est ainsi que simple apparence pour de nombreux physiciens contemporains. Certains vont même jusqu'à considérer le passage du temps comme une pure illusion, comme un produit culturel abusivement dérivé de la métaphore du fleuve. C'est en effet la conception dite de l'« univers-bloc » qui semble avoir les faveurs d'une majorité de physiciens. Dans le droit fil de la théorie de la relativité, celle-ci consiste à invoquer un univers constitué d'un continuum d'espace-temps à quatre dimensions, privé de tout flux temporel : tous les événements, qu'ils soient passés, présents et futurs, ont exactement la même réalité, de la même façon que différents lieux coexistent, en même temps et avec le même poids ontologique, dans l'espace. En d'autres termes, les notions de passé ou de futur ne sont que des notions relatives, comme celles d'Est et d'Ouest. En un sens, tout ce qui va exister existe déjà et tout ce qui a existé existe encore. L'espace-temps contient l'ensemble de l'histoire de la réalité comme la partition contient l'uvre musicale : la partition existe sous une forme statique, mais ce qu'elle contient, l'esprit humain l'appréhende généralement sous la forme d'un flux temporel."

Pentcho Valev